« La femme est la racine de l'arbre ; sans elle, rien ne tient. » — Proverbe africain

On parle beaucoup d'égalité femmes-hommes à travers les salaires, les promotions, les postes de direction. Ces sujets sont essentiels. Mais une question reste moins posée — et pourtant elle conditionne tout le reste : que se passe-t-il avant ( d'acceder au marché du travail) l'entreprise, au moment où une personne choisit, ou croit choisir, son métier ?

En 2025, selon France Travail, 63 % des femmes inscrites recherchent un emploi dans des métiers où les femmes sont déjà surreprésentées — c'est-à-dire des secteurs comptant plus de 70 % de femmes dans leurs effectifs. Services à la personne, support administratif, commerce, soin. Des métiers utiles, souvent exigeants, mais ( dont les rémunérations sont les plus basses) qui concentrent aussi les salaires les plus bas et les perspectives d'évolution les plus limitées.

Ce chiffre ne reflète pas un manquent d'ambition de la part des femmes, il montre quelque chose de plus subtil : nos parcours professionnels se construisent rarement dans le vide. Ils s'appuient sur l'éducation reçue, les modèles visibles, les normes intériorisées, le sentiment de légitimité — ou son absence. Et ces influences agissent en silence, bien avant que la question du métier ne se pose vraiment.

Une ségrégation qui dépasse les individus

« Quand les portes sont étroites, les chemins se ressemblent. »

La mixité des métiers en France reste limitée. Les chiffres du ministère de l'Égalité femmes-hommes sont clairs : 8 salariés sur 10 exercent aujourd'hui un métier non mixte. Seuls 20,8 % des salariés occupent un poste où femmes et hommes sont représentés de façon équilibrée. Et seules 8 % des femmes inscrites à France Travail cherchent un emploi dans des secteurs à dominante masculine — construction, industrie, numérique.

France Stratégie rappelle qu'en 2022, un quart des Français adhérait encore fortement ou modérément aux stéréotypes de genre. Ces représentations ne sont pas anodines. Elles conditionnent les choix d'orientation, les candidatures spontanées, les secteurs que l'on s'autorise ou non à envisager. Parfois sans même s'en rendre compte.

La question n'est donc pas morale. Elle est structurelle. Et elle concerne tout autant les personnes en transition professionnelle que les jeunes en cours d'orientation.

Pourquoi cela touche aussi ceux qui cherchent à changer de voie

Changer de cap professionnel, ce n’est jamais repartir de zéro. On avance avec tout ce que l’on est déjà : ses compétences, bien sûr, mais aussi son histoire, ses choix passés, ses contraintes du moment — familiales, géographiques, financières — et ses peurs. Parfois même, ses réussites d’hier deviennent des poids invisibles qui freinent l’élan.

Et c’est souvent à cet endroit précis que les trajectoires genrées refont surface. Prenons une femme qui a exercé pendant dix ans dans le soin et qui envisage de se tourner vers le numérique. Sur le papier, rien ne dit qu’elle a moins de potentiel ou de capacité qu’un homme dans la même situation. Pourtant, dans la réalité, elle doit bien souvent franchir davantage d’obstacles.

Des obstacles visibles… et d’autres beaucoup plus silencieux. Le doute sur sa légitimité. La crainte de ne pas être prise au sérieux. Le manque de modèles auxquels s’identifier. Autant de freins qui ne relèvent pas des compétences, mais qui pèsent lourd dans les décisions.

C’est précisément là que le bilan de compétences prend tout son sens. Il ne s’agit pas seulement de faire l’inventaire de ce que l’on sait faire, mais de remettre de la clarté là où il y a du flou. D’identifier les croyances qui limitent, de déconstruire les idées reçues sur certains métiers, et surtout de redonner de l’espace pour envisager un chemin qui fait sens.

Ce que l'intelligence artificielle change à l'équation

Le marché du travail est en train de se transformer en profondeur — et cette transformation accélère. Le World Economic Forum estime que les mutations à venir pourraient créer 170 millions de nouveaux emplois d'ici 2030, tout en en déplaçant 92 millions. L'OCDE observe que les professions les plus exposées à l'automatisation représentent environ 28 % des emplois dans ses pays membres.

Ce qui change concrètement pour une personne en réflexion professionnelle : la question n'est plus seulement "Quel métier puis-je faire ?" mais "Quel métier restera vivant, utile, hybride — augmenté par la technologie plutôt que remplacé par elle ?"

Et ici, la ségrégation professionnelle ajoute une couche de complexité. Les métiers très féminisés — soin, accompagnement, secrétariat — sont souvent ceux qui évoluent le plus vite sous l'effet de l'IA, sans que les professionnels qui les exercent aient toujours les ressources pour anticiper ces transformations. Se donner les moyens d'explorer d'autres trajectoires devient alors une décision stratégique autant que personnelle.

Ce que dit la génération Z — et ce qu'elle révèle sur nous tous

Les jeunes générations ne rejettent pas le travail. Elles interrogent plus frontalement son sens, son équilibre, sa cohérence. L'enquête mondiale Deloitte 2025, menée auprès de plus de 23 000 membres de la génération Z et des millennials, montre que 89 % des Gen Z et 92 % des millennials considèrent le sens comme déterminant pour leur satisfaction professionnelle et leur bien-être.

Cette attente n'est pas réservée aux jeunes. Elle traverse toutes les générations — et elle s'exprime avec d'autant plus de force dans les moments de transition. Trouver une voie qui ne soit pas seulement "possible", mais soutenable, évolutive et alignée avec ce que l'on est vraiment : c'est ce que cherchent la plupart des personnes qui entament un bilan de compétences ou un coaching de carrière.

Avant de se lancer

« Mesure deux fois, coupe une fois. »

Une reconversion réussie commence par un ensemble de questions :

  • Quels métiers ai-je écartés trop vite — et pour quelles raisons ?
  • Quelles compétences ai-je développées sans jamais les avoir nommées ?
  • Quelles contraintes sont réelles, et lesquelles méritent d'être réinterrogées ?
  • Quels secteurs recrutent, évoluent, se transforment ?
  • Quel projet me permettrait d'articuler compétences, sens, revenus et qualité de vie ?

En coaching de carrière et bilan de compétences, ces questions évitent de confondre urgence et direction. Quelques leviers ont fait leurs preuves, quelle que soit la situation de départ : cartographier ses compétences transférables, identifier ses valeurs de travail, mener des enquêtes métiers auprès de professionnels en poste, tester une idée avant dinvestir et construire un plan d'action réaliste, étape par étape.

« Le meilleur moment pour planter un arbre était hier. Le deuxième meilleur moment, c'est aujourd'hui. »

Chez EVOPRO, nous accompagnons des salariés, des professionnels en transition, des personnes en recherche d'orientation, de réorientation ou de reconversion — pour clarifier leur trajectoire et construire un projet réaliste, aligné et durable.

Que vous soyez à Bordeaux, sur le Bassin d'Arcachon ou à distance partout en France, le bilan de compétences et le coaching de carrière peuvent devenir un espace stratégique pour reprendre la main sur votre avenir professionnel.

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Sources

France Travail. Femmes-Hommes : des choix d'orientation professionnelle qui restent très genrés — 2026

Ministère chargé de l'Égalité femmes-hommes. Chiffres-clés — Vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes — éditions 2023 et 2024

France Stratégie. Lutter contre les stéréotypes filles-garçons : quel bilan de la décennie, quelles priorités d'ici à 2030 ? — 2025

Service-public.fr. Bilan de compétences d'un salarié du secteur privé — 2026

World Economic Forum. Future of Jobs Report 2025

OCDE. IA et travail / Avenir du travail

Deloitte. 2025 Gen Z and Millennial Survey — enquête mondiale, 23 000 répondants